How are you doing? / Comment allez-vous? (ONAIR)

(Published on: ON AIR MAGAZINE #48 p.66)

EN version

How many people actually answer that common question saying “fine”, without even thinking about it? The truth is, society expects us to answer precisely that way.

It is indeed considered of poor taste to admit that things are not going well – to admit it to other people and very often, to yourself. On the contrary, it is rather trendy to display your happiness all over social media. We often spend a lot of energy pretending that everything is fine and staging that fake happiness. And yet, it is completely normal to feel sad. I am not talking about depression or grief but about that temporary emotion that everyone feels at some point, as human beings, just like joy, fear or anger. It is completely normal that the things we care about and do not unfold as expected, make us sad.

Acknowledging the fact that we are sad, that sorrow is a natural emotion and that it will disappear, with time, is actually a sign of emotional intelligence and stability. Being sad means that we are alive and that something has affected us, something that mattered to us. So we should be smart and brave enough to accept and embrace our sorrow when it shows. We should allow ourselves to feel that emotion, one minute at a time, even if it hurts – just as we should allow ourselves to feel joy. However, that acknowledgement should also prompt us to reflect – and reflecting will help us get better as we answer the following questions:

• Has any particular event triggered our sorrow?

• Does that event deserve spending all that energy and if so, for how long?

• What can we learn from that experience? What opportunities does it bring?

• What would be the first step towards feeling better?

There is not just one way to face sadness. One may need some alone time, talking to a trusted person or a professional (a therapist or life coach) or just a friendly presence. Sadness is an emotion that compels us to slow down and check our principles, relationships, priorities and most importantly, ourselves. Acknowledging our own sorrow and embracing it as a perfectly normal phase, as something to experience and assess, is also a sign of courage and an opportunity to challenge ourselves. As a result, confronting our own sadness is also an opportunity to get to know ourselves better.

FR version

Combien de personnes répondent automatiquement « ça va bien » à cette question courante sans même y réfléchir ? La réalité est que la société attend de nous que nous répondions de cette manière.

Il est en effet de mauvais gout d’admettre que ça va mal, de l’admettre aux autres et souvent également à soi-même. Il est au contraire plutôt tendance d’étaler son bonheur sur les réseaux sociaux. Nous dépensons souvent beaucoup d’énergie à prétendre que tout va bien et mettre en scène un bonheur factice. Et pourtant, il est tout à fait naturel d’être triste. Je ne parle pas de dépression ou de deuil mais de l’émotion passagère que tout le monde ressent en tant qu’être humain, au même titre que la joie, la peur et la colère. Il est tout à fait normal que les choses qui nous tiennent à cœur et qui ne se passent pas comme prévu nous rendent triste.

Reconnaitre que l’on est triste, que cette tristesse est une émotion naturelle et qu’elle va finir par passer avec le temps est en fait un signe d’intelligence et de stabilité émotionnelle. Si l’on est triste c’est parce que nous sommes vivants, c’est parce que quelque chose nous a touché, quelque chose qui avait de l’importance à nos yeux.

Ayons donc l’intelligence et le courage d’accepter et de vivre notre tristesse quand elle est au rendez-vous. Donnez-vous la permission de ressentir cette émotion, une minute à la fois, et ce même si ça fait mal, de la même manière que vous devriez vous donner la permission de ressentir vos joies. Cette acceptation doit cependant s’accompagner d’une observation. Une observation qui pourra vous aider à aller mieux car permettant de répondre aux questions suivantes :

·         Quel est l’évènement à l’origine de votre tristesse ?

·         Cet évènement mérite t’il votre dépense d’énergie et si oui pendant combien de temps ?

·         Qu’est-il possible d’apprendre de cette expérience ? Quelle est l’opportunité qui se présente ?

·         Quel serait un premier pas pour que vous vous sentiez mieux ?

Il n’y a pas une bonne manière de faire face à la tristesse. On peut avoir besoin de se retrouver seul, de parler à quelqu’un de confiance ou à un professionnel (psychologue ou Life coach) ou simplement d’avoir une présence bienveillante à ses côtés.

La tristesse est une émotion qui nous force à ralentir, et à faire le point sur nos valeurs, nos relations avec les autres, nos priorités et sur nous-même. Reconnaitre notre tristesse et accepter de la vivre, la ressentir et l’analyser est une preuve de courage et permet de se remettre en question. Faire face à sa tristesse est donc aussi une opportunité de se connaitre soi-même.